La généalogie de Poilly et Brigode

 

            Le 6 octobre 1905, la population apprenait avec émotion le décès, en son château de Folembray, de madame la Baronne de Poilly, née à Versailles le 3 août 1831.

Anne Marie, Agathe, Eléonore, Elisabeth du Hallay-Coetquen épousa en premières noces Henri, Pierre, Désiré, Comte de Brigode, ancien pair de France, et en secondes noces, en 1860, Henry, Charles, Georges, Baron de Poilly, décédé à Folembray le 20 septembre 1862. Madame la Baronne de Poilly, dont le nom était fréquemment cité dans le compte rendu des fêtes données à la cour sous le second Empire, résidait habituellement à Folembray. Sa charité était grande. Les œuvres de bienfaisance qu’elle a fondé en vue de secourir l’enfance et la vieillesse en sont le plus beau témoignage.

            Si les Allemands, en 1917, ont tout détruit, asile, ouvroir, hôpital…., Le souvenir du grand cœur qui avait créé ces œuvres ne peut être oublié, et les habitants de Folembray honoreront longtemps encore la mémoire de Madame la Baronne de Poilly.

            Elle laisse deux fils.

            M. Gaston, Georges, Marie, Emmanuel, Comte de Brigode, né à Paris le 1er juin 1850, maire de la commune de Folembray pendant plus de 47 ans et ensuit conseiller municipal ; Et M. Henri, Vicomte de Brigode, puis marquis du Hallay-Coetquen à la mort de son oncle.

            Ainsi s’éteint à Folembray, le nom si honoré des de Poilly, où il a brillé pendant près d’un siècle.

            Mais nos compatriotes estimeront sans doute intéressant de connaître la généalogie des deux familles de Poilly et de Brigode qui ont, nom seulement maintenu, mais encore largement développé l’industrie du verre et, par cela même, assuré à notre beau village une juste renommée.

            En publiant ces renseignements, nous pensons accomplir envers les descendants ou alliés de ces familles un simple devoir de reconnaissance.

  La famille de Poilly

            François de Poilly, dessinateur et graveur français, né à Abbeville en 1622, mort à Paris en mars 1693. Son Père était orfèvre. Après resté 3 ans dans l’atelier de Pierre Daret, il partit en 1649 pour Rome, d’où il ne revint qu’en 1650. Il grava pendant son séjour en Italie un certain nombre de planches dans une manière qui n’est pas sans analogie avec celle de Blomaert.

De retour en France, il grava avec un égal succès le portrait et l’histoire. Ses portraits sont encore fort recherchés aujourd’hui, peut être moins à cause du mérite réel d’un burin un peu froid et monotone que pour les personnages qu’ils représentent. De Poilly reçut le titre de graveur ordinaire du roi. Il a reproduit les œuvres de Raphaël, J. Romain, Leguide, Les Carrache, Le Brun, Mignard, Lesueur, Poussin, Ph. De Champaigne, etc.…

La grande réputation qu’il eut en son temps attira dans son atelier de nombreux élèves. Les plus distingués parmi eux furent d’abord Gérard Edelinck, puis Nicolas de Poilly, son frère, Scotin, Rouillet, etc. … De Poilly lui-même a demeuré avec son frère dans la famille des Mariettes, pour lesquels il a travaillé – « Ils firent ces planches, dit P.J. Mariette en parlant des Vierges gravées par de Poilly, dans le temps qu’ils étaient chez le Père de mon grand-père, et ces pièces se nomment : feuilles fines «


            Nicolas de Poilly, dessinateur et graveur, frère cadet du précédent, né à Abbeville en 1626, mort à Paris en 1696. Il n’a pas égalé son frère dont il fut l’élève et l’imitateur. Il eut, comme lui, un dessin assez correct et un burin facile, mais peu expressif. Il a gravé d’après Raphaël, Poussin, Mignard, Ph. de Champaigne, etc. …


Jean-Batiste de Poilly, dessinateur et graveur, fils aîné de Nicolas, né en 1669, à Paris, où il est mort le 29 avril 1728. Il fut reçu membre de l’Académie de peinture le 26 juillet 1714, sur la présentation des portraits de Vanclève et de Troy, d’après Vivien et Fr. de Troy. Ces deux planches font partie de la Chalcographie du Louvre.


           Nicolas de Poilly, peintre et graveur, troisième fils de Nicolas, né le 28 juin 1675 à Paris où il est mort le 12 août 1747. Destiné à la peinture, il étudia sous la direction de P. Mignard et de Jouvenet. Son humeur sombre et taciturne l’éloigna du monde de bonne heure et lui fit perdre les occasions d’exercer son talent. On a de lui la gravure qu’il fit d’un de ses tableaux représentant un calvaire. Il exécuta encore, pour le réfectoire de l’Abbaye de Saint-Martin-des-Champs, un tableau de «Jésus servi par les anges. »

Crozat lui fit graver, ainsi qu’à ses frères, quelques planches pour l’ouvrage connu sous le nom de Cabinet Crozat, et lui donna la direction des artistes employés à ce travail.

M. Charles Blanc a donné dans «le trésor de la curiosité» un extrait du catalogue de la vente de curiosités, tableaux, dessins, estampes faites par Bazan en 1781, après décès de Nicolas, Jean Batiste de Poilly, graveur du roi. D’après les indications de M. Blanc, il est certain que cet artiste était un descendant de ceux que nous venons de citer. François, Nicolas et J.B. de Poilly firent comme presque tous les graveurs de leurs temps, le commerce d’estampes. Mariette a laissé en manuscrit un catalogue de l’œuvre des de Poilly.


            François, Claude de Poilly, escuier, seigneur de Tubersen.


            Marie Marguerite Desnau (Hénault ou Nau), son épouse. Bertrand, Eugène de Poilly, baptisé à Maresville le 12 février 1709. François, René de Poilly, baptisé à Maresville le 4 mai 1714, leurs enfants.


            Charles René de Poilly, seigneur de Bezonville, major au régiment d’Aunis.


            Anne, Charlotte, Rose de Gernonnal, son épouse, est décédée à Maresville le 9 avril 1723. - Et Arnoud, René de Poilly, leurs fils baptisés à Maresville le 12 avril 1723, est décédé le 23 août 1723.


           Les renseignements que nous avons pu recueillir aux archives de la Préfecture de Pas-de-Calais au sujet de François, Claude et de Charles, René de Poilly sont incomplets, les actes de baptême s’appliquant à leurs enfants ne donnant ni l’age ni le lieu de naissance des parents. D’autre part, l’acte de décès du Baron Charles, François, Dominique (voir ci-après) établi à Montreuil-sur-Mer le 21 janvier 1817, ne porte pas les noms et prénoms de son père et mère. La Filiation supposée entre les précédents et le Baron de Poilly, sire de Maresville, comporte donc des réserves.


            Charles, François, Dominique, Baron de Poilly, Sire de Maresville, né à Maresville le 21 juillet 1755. Décédé à Montreuil-sur-Mer, le 21 janvier 1817.Maresville se trouve dans le département du Pas-de-Calais, arrondissement de Montreuil-sur-Mer et possède une population de 71 habitants.


            Charlotte de Serocourt, Baronne de Poilly (épouse du précédent), née à Serocourt (Lorraine), le 27 mars 1764. Décédé à Paris le 20 janvier 1822.


           Charles, François, Ferdinand, Baron de Poilly (fils de Charles, François, Dominique), né au château d’Aizy (Aisne), le 10 novembre 1782. Décédé au château de Vron (Somme) le 25 août 1849.


            Marie, Julie de Montizeaux, Baronne de Poilly (épouse du précédent), née à Folembray, le 8 Vendémiaire An V (1797) Décédé à Rome (Italie) le 2 mai 1833.


          Henry, Charles, Georges, Baron de Poilly, (fils de Charles, François, Ferdinand), né à Folembray le 11 septembre 1821. Décédé à Folembray le 20 septembre 1862.


           Alexandrine, Kirilowna, de Narischkine, Baronne de Poilly (première épouse du précédent), née à Berlin le 13 avril 1818. Décédée à Paris le 30 mai 1856.


          Les armes des Barons de Poilly (branche de Picardie) portaient:

D’azur, au chevron d’or, accompagné en chef d’un croissant d’argent entre deux anémones tigées et feuillées du même et, en pointe, d’un lion aussi ’argent lampassé de gueules.


La famille de Brigode

    La famille de Brigode est originaire des Pays Bas et s'est installée à Lille pour fuir les persécutions religieuses; le premier dont on retrouve la trace  est Bastien Brigodé , marchand , qui achète la bourgeoisie de Lille le 7/01/1600 il est désigné comme marchand de clous !!! Son  fils Louis de Brigode achète la bourgeoisie de Lille en 1652 le nom s'est augmenté d'une particule .Les personnages qui nous intéressent descendent de Mathias (cousin de Louis).

Ci-dessous un blason porte les armes de la famille de Brigode, originaire de la Flandre Française : 3éme branche de la famille : "Écartelé aux 1 et 4 d'or à trois étoiles mal ordonnées de sable ; aux 2 et 3 d'azur, au cygne d'argent, l'écartelé entouré d'une bordure de gueules." Sa devise "Patriae Regique Fides". 

Ce document est extrait d'un livre de sa bibliothèque.


   Le père de Pierre François Robert de Brigode Kemlandt, de Romain Joseph de Brigode (27/02/1775-15/08/1854) et de Louis Marie de Brigode (21/10/1776-22/09/1827) est Pierre Jacques Joseph de Brigode seigneur de Kemlandt ( décédé  le 09/01/1781 ) leur mère est Catherine Recq. Elle aussi issue de la haute bourgeoisie de Lille. Pierre Jacques Joseph fut confirmé bourgeois de Lille en 1772. Il fut échevin de Lille et par sa charge de secrétaire du roi auprès du Parlement de Flandres fut anobli. C'est lui qui a fait construire le château d'Annappes (qui n'existe plus aujourd'hui).Il est décédé en 1781 en son hôtel particulier à Lille rue de l'Abiette (aujourd'hui rue de Tournai). Après son décès son épouse acheta le château de Camphin en Pévèle (et un domaine de plus de 400 hectares) qui était en vente comme bien national. Les propriétaires ayant émigré, ce château s'appelait Domaine de Luchin  les ruines et 50 hectares ont été achetés il y a peu par le club de foot de Lille pour en faire une école de foot.
Au décès de Catherine Recq le partage des biens attribua le château de Camphin à Pierre François Robert; le château d'Annappes à Romain Joseph et l'Hôtel particulier de Lille à Louis Marie.

Pierre Jacques de Brigode était seigneur de Kemlandt ; suivant les règles de la noblesse et en vertu du droit d'aînesse seul Pierre François Robert avait droit au titre de seigneur de Kemlandt  au décès de son père mais la Révolution a mis fin à ce système : légalement les trois fils pouvaient se dire de Brigode-Kemlandt.
Pierre François Robert est né à Lille en 1774 ; grand bourgeois il professe des idées libérales ; pendant la Révolution il s'engage à 20 ans dans les dragons et est nommé colonel de la Garde Nationale de St Omer; pendant l'Empire il est commandant des Gardes d'Honneur de Lille.
Il est conseiller d'arrondissement en 1811 et maire de Camphin en Pévèle en 1813 (ce poste va rester dans la famille pendant plus d'un siècle)il est le seul suivant les principes d'Ancien Régime à pouvoir se targuer du titre de seigneur de Kemlandt mais pendant l'Empire son frère Louis sera aussi appelle "De Brigode-Kemlandt" seul Romain ne sera jamais appelé que de Brigode.


           Romain, Joseph, Baron de Brigode, auditeur au Conseil d’État et législateur, né à Lille (Nord), le 27 février 1775, de Pierre, Jacques de Brigode, écuyer, seigneur de Kemlandt, secrétaire du roi en la chancellerie du département de Flandre, et de Catherine Derecq, mort à Enghien (Seine et Oise), le 5 août 1854, fut nommé en l’an XI auditeur au Conseil d’État, et le 5 Vendémiaire an XIV entra au corps législatif pour y représenter le département du Nord.

Il épousa Celestine de Fay de Latour Maubourg  la petite fille de La fayette.

Sous la restauration, le 22 août 1815, il fut élu député par le collège électoral du Nord, ensuite réélu aux élections de 1816 et 1818. Il siégeât à gauche, et s’est fait remarquer par la justesse de ses vues et la sagesse de ses principes ; Vota contre les lois d’exception et pour la liberté de la presse, contre le monopole des tabacs, contre la censure des journaux, sur les indemnités à accorder aux départements que l’ennemi avait occupés.

Il échoua aux élections de 1820, mais le 28 août 1828, il obtint le renouvellement de son mandat.

Fut réélu aux élections de 1830, 1831, et 1834.

Dans ces dernières assemblées, il devint un parfait ministériel, ce qui lui valut d’entrer à la Chambre des Pairs le 3 octobre 1837, où il siégea jusqu’à la révolution de 1848. 

Il était officier de la Légion d’Honneur et grand-oncle de M. le Comte Gaston de Brigode.


            Louis, Marie, Joseph, Comte Brigode (titre reconnu par Louis XVIII en 1818), pair de France, frère du précédent, naquit à Lille, en 1777. A la suie du premier voyage que le premier Consul fit à Lille en l’an XI, M. de Brigode fut nommé maire à 23 ans. Il fut compris ensuite dans la première formation des chambellans créés pour le couronnement de l’Empereur, et fut un des officiers qui allèrent chercher le Pape pour cette cérémonie. Il montra beaucoup de zèle et de dévouement pour Napoléon, dans les fonctions qu’il eut à remplir pendant son règne. Il continua à être maire de Lille et n’a laissé que des souvenirs honorables de son administration. A la déchéance de Napoléon, en 1814, il prêta le serment de fidélité au roi, et donna, dans les cent jours, sa démission de maire de Lille qu’il abandonna. L’ordonnance du 7 juillet 1815 l’ayant rétabli dans ses fonctions, il rentra dans Lille le jour même de sa soumission et fut appelée, le 17 août suivant, à la Chambre des Pairs où il n’a cessé de défendre les libertés publiques. Dans le procès du Maréchal Ney, il fut un des cinq membres qui s’abstinrent de voter. Le 21 décembre 1815, il proposa des modifications à la loi relative à la perception provisoire des impôts, afin que les départements et les communes eussent la libre disposition des centimes additionnels et de leurs revenus. Le 25 février 1817, il parla en faveur de la liberté de la presse et s’opposa constamment, dans les sessions suivantes, aux lois d’exception et à toutes les mesures contraires à l’esprit de la chartre.

Il épousa Bonne Potteau qui lui donna un fils Louis Arthur né le 28/12/1802 et décédé le 21/11/1822 laissant son père héritier d'un petit château qu'il avait hérité de sa mère . Cette propriété fut vendue par Louis Marie à Romain de Brigode ; elle existe toujours et appartient aujourd'hui à la commune de Villeneuve d'Ascq on l'appelle "Hospice Gabrielle".
Bonne Potteau décéda lors de l'accouchement et Louis attendra 1825 pour se remarier avec Émilie Pellepra (que l'on dit être la fille illégitime de Napoléon). De ce second mariage il eut des jumeaux : Marie Ferdinand (décédé en bas age ) et Henri Marie (01/08/1827-04/08/1859) maire de Romilly, Pair de France. Au décès de Louis Émile, Pellapra épousa Joseph de Riquet de Caraman , Prince de Chimay ( le fils de l'ex Mme Tallien.)

Il était le grand-père de M. le Comte Gaston de Brigode.


            Marie, Louis, Henri, Pierre, Désiré, Comte de Brigode, né à Paris le 1er août 1827, ancien membre de la Chambre des Pairs, est décédé à Paris le 4 août 1859. Il n’avait donc que 32 ans.

Trois jeunes enfants lui survivaient, et devenaient la suprême consolation de leur mère:

M. le Comte Gaston de Brigode, âgé de 9 ans. 

M. Le Vicomte Henri de Brigode, âgé de 6 ans (?).

Et Mademoiselle Emilie de Brigode, âgée de 3 ans.


Le comte Gaston de Brigode avait un frère : Henri Charles vicomte de Brigode dont la mairie de Folembray et les archives de l'Aisne ignoraient la date et le lieu du décès.
Ce vicomte de Brigode a relevé le titre de marquis Du Hallay Coetquen en 1882 à la mort de son oncle Frederic . En 1888 il a reconnu devant notaire une certaine Fredericka Levy née en 1883 à Paris ( née de père et mère non déclarés) qui devint Fredericka Levy de Brigode De Kemlandt Du Hallay Coetquen .
Le vicomte est décédé à Caen le 03/12/1938 . Sa fille est décédée à Caen le 31/12/1958.

 

Article de journal "le nouvelliste" sur les obsèques de M. le comte Gaston de Bridode.

article 1, article 2

Articles de journal "le nouvelliste" sur les obsèques de Madame la comtesse de Brigode.

article 1, article 2

 

 

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