Le cimetière

Extrait du cadastre de 1820 des archives départementales

Antérieurement à l'année 1844, le cimetière entourait l'Église et se prolongeait sur la partie élevée ou se trouvaient, autrefois, les constructions formant le château d'Enguerrand III, de François 1er et de Henri IV. C'est sur ce même emplacement que fut édifiée vers 1880, une école des filles dirigée par les religieuses de Portieux. Cette école fut également détruite en 1917.

A ruelle qui monte  face au grand portail, et que l'on appelle souvent rue de l'Église n'existait pas. La rue du château, pour lui rendre son véritable nom, partait comme aujourd'hui de la route de Chauny, angle de l'ancien Hôtel de la Hure, et aboutissait en impasse au mur du cimetière.

Un incident banal devait provoquer le déplacement du cimetière, trop petit et incommode. Une tempête renversa la croix en pierre élevée dans ce lieu de repos, et la brisa. Le 12 février 1844, le maire signalait la chose au préfet de l'Aisne, et demandait l'autorisation d'effectuer la réparation et la remise en place de la croix.

Dans sa réponse du 23 février suivant, le préfet fit ressortir les inconvénients connus de ce cimetière, c'est à dire l'exiguïté et le peu d'éloignement des maisons d'habitation. Puis, invoquant les prescriptions de l'ordonnance royale en vigueur, il prescrivit son transfert hors du village et, comme conséquence, indiqua qu'il convenait de suspendre la restauration de la croix.

Une délibération du Conseil Municipal, en date du 1er Novembre 1844, approuva le projet de transfert, ainsi que la dépense de remise en état et de translation de la dite croix, évaluée à 72 francs. Un arrête Préfectoral du 23 novembre 1844 approuva et sanctionna la délibération prise, qui fut enregistrée à Coucy le Château le 27 novembre 1844, volume 17, folio 100 et entraîna une dépense de 2 francs et 20 centimes.

Les formalités d'achat du nouveau terrain ayant été remplies et le mur de clôture construit, le préfet prescrivit que les inhumations dans le nouveau cimetière commenceraient le 16 Novembre 1844, date à laquelle la fermeture de l'ancien était prononcée.

A plusieurs reprises, et en dernier lieu en 1908, ce cimetière fut agrandi par l'achat de petites parcelles. Dans l'ancien cimetière de l'église, le Baron Charles, François, Ferdinand de Poilly, né au château de Vron (somme), et non Huron comme l'a écrit par erreur l'Abbé Vernier ( page 127), avait obtenu, par ordonnance royale du 24 février 1825, une concession de 21,54 maîtres superficiels pou y établir, à titre d'échange, une sépulture particulière. Aux termes d'une délibération en date du 1er novembre 1844, et conformément aux stipulations de l'article 5 de l'ordonnance royale du 6 décembre 1843, le Conseil Municipal accordait à M. de Poilly une même superficie dans le nouveau cimetière. Cette concession a été fixée à 5 mètres en longueur et 4,31 mètres de large.

Enfin, en 1908, M. le Comte de Brigode obtint de pouvoir agrandir le cimetière actuel de 15 ares 71, mais il est indiqué, dans cet acte, que la construction des murs de prolongement, de droite et de gauche, est à la charge de la commune, quand les murs du fond, dont profitera la commune, sont au contraire élevés aux frais de M. de Brigode.

C'est à la suite de ces accords que M. le Comte de Brigode fit édifier, à l'extrémité du cimetière, une sépulture particulière comprenant : Chapelle avec autel privilégié, et crypte avec caveaux à laquelle on accède par un escalier tournant. Au-dessus de la porte d'entrée un blason porte les armes suivantes du propriétaire, originaire de la Flandre Française : 3éme branche de la famille : "Écartelé aux 1 et 4 d'or à trois étoiles mal ordonnées de sable ; aux 2 et 3 d'azur, au cygne d'argent, l'écartelé entouré d'une bordure de gueules." 

et sa devise

"Patriae Regique Fides"

 Antérieurement à la construction de cette chapelle, M. le Comte de Brigode avait donné à la commune, pour servir de dépôt mortuaire, le caveau de famille lui appartenant, et sur le fronton duquel sont gravés les mots : "Pax Œsterna". Cette donation a été acceptée par délibération du 8 juin 1906. Le plan de l'ancien cimetière existe encore dans les archives communales (dossier "concessions à perpétuité").

 

Le cimetière, ou des luttes ardentes ont eu lieu en 1918, a été bien endommagé non seulement par les bombardements et la fusillade, mais principalement par les troupes ennemies qui ont ouvert des tombeaux. Les fermetures de la chapelle des familles de Poilly et de Brigode ont été forcées, les caveaux de la crypte profanés et le cercueil de la Baronne de Poilly ouvert et pillé (voir photo à gauche).

Sur le mur extérieur, coté forêt, des ouvriers ont inscrit des slogans qui sont toujours visible pour s'opposer à la fermeture de la verrerie en 1956.

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