« Guerlou », le roman d'un enfant de Folembray

« C'est à peine romancé ». C'est avec une certaine nostalgie que Jean-Claude Plessis parle de son enfance à Folembray. Une période à partir de laquelle il a écrit un roman, « Guerlou ».
C'EST l'histoire d'un enfant de Coucembray (association de Coucy et Folembray) dont la vie est rythmée par l'activité de la verrerie, le poumon économique du village.
« La verrerie c'était une vraie culture. Les verriers C'était presque une caste comme les mineurs ou les cheminots. La solidarité était grande à l'époque », raconte l'auteur qui a vécu à Folembray jusqu'à l'âge de 18 ans. Jean-Claude Plessis qui pense à ce roman depuis 20 ans s'est retiré dans le Morvan pour écrire. « Je voulais remémorer cette ambiance si particulière qui n'existe plus aujourd'hui mais dont les anciens se souviennent ».
La particularité de l'époque était que tous ou presque possédaient un surnom. Guerlou en est un, mais il y a aussi, Quéquette, le Mac, Charlot, Nouche ou encore Milienne. « Ce qui est sympathique c'est que chacun des Folembraysiens qui liront ce livre se demandera qui était tel ou tel personnage car tous ont existé ». Jean-Claude Plessis a habité le quartier des Tournelles. Un lieu qui existe toujours puisque lorsqu'il revient dans son village d'origine pour rendre visite à sa famille, il passe voir cet endroit qui, au fil des années, a bien changé.
Pour brouiller un peu plus les pistes, l'action se passe avant la Seconde Guerre mondiale alors que l'histoire de l'auteur s'est déroulée après.
Les rivalités entre bande d'enfants de quartier différents les deux gardes chasse, le père Lefort et Guisseppe, l'immigré italien le garde-chasse du propriétaire de la verrerie tout y passe. « A l'époque il y avait pas mal d'ouvriers polonais et italiens plus ou moins biens vus par la population locale ».
Et lorsque Jean-Claude Plessis précise que c'est inspiré de souvenirs d'enfance, il suffit de comprendre certaines anagrammes pour retrouver des noms ou des visages. Ainsi, les enseignants Fertoz ne sont autres que les Fortez et le docteur Marty était le docteur Matry.
Il n'y a bien que la fin qui est différente de la réalité même si certaines scènes sont, là encore, inspirées de faits réels. « Les ouvriers verriers chantaient plus volontiers l'Internationale que la Marseillaise ».
La verrerie a fermé au début des années soixante. Aujourd'hui, même si les quartiers et notamment celui des Tournelles existent toujours, les choses ont changé. Avec Guerlou, Jean-Claude Plessis a voulu que chacun se souvienne que Folembray a eu un autre visage.

Samuel Pargneaux

« Guerlou » de Jean-Claude Plessis aux éditions Bénévent.

 

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