Pendant l'occupation en 14-18

Le 2 septembre 1914. Les allemands entrent à Folembray et à Laon.

Le général Von Kluck Le général Von Fabeck

 

 

Le général Von Kluck, commandant de la 1er Armée allemande, s'installe au château de Folembray avec les officiers supérieurs de son Etat-Major. Les officiers subalternes et de l'intendance occupent le Vieux-Château, près de l'étang du Vivier. À la fin du mois de mars 1915, au cours d'une visite d'avant-poste, Kluck est touché par un tir de shrapnel. Grièvement blessé à une jambe, il est évacué du front en mars 1915. Il prend sa retraite au cours du mois d'octobre 1916, à la suite de cette blessure et de la mort de son fils au combat à Lombardsijde en janvier 1915. Il resta environ un an dans notre village. A son départ, la 1er Armée fut remplacée par la 8éme.

Le général von Fabeck remplace le général Von Kulck  le 16 avril 1915 et installe son Quartier Général à Folembray. Le 23 août 1915, Il reçoit la distinction Pour le Mérite pour la réussite des opérations qu'il a commandé au Nord de la France et en Belgique en 1914 et 1915. Le 12 septembre 1915, il est transféré sur le front de l'Est et prend le commandement de la XIIe armée allemande.


Situation des troupes le 14 septembre 1914 au soir

Pendant l'occupation, la fanfare allemande joue pour le générale  devant le château, le jour de Pâques.

En Mars 1915 à Folembray

 

 

En occupant le Château, les officiers ennemis n'accordèrent qu'une chambre et une cuisine au propriétaire, le Comte de Brigode, resté vaillamment à son poste en qualité de Maire de la commune.

Peu après l'arrivée des ennemis on apprit, non sans surprise, que les soldats allemands déclaraient avoir été embauchés comme ouvriers terrassiers dans les équipes chargées, en juin, de la construction de la ligne téléphonique de Folembray à Champs. Ils réclamaient même les outils qu'ils avaient réellement déposés au Bois de Midi, au moment de l'interruption des travaux. L'auteur des ces lignes, que ses fonctions avaient appelé à diriger les travaux, était loin de penser que, sous le couvert d'ouvriers journaliers, les ennemis se renseignaient.

En 1915, Guillaume II vint au château de Folembray conférer avec le général Von Kluck. Pendant ce temps, le Comte de Brigode fut enfermé dans sa chambre, avec défense de sortir.

Article du journal « le matin » mercredi 25 novembre 1914

Le soldat Godard Désiré, de la 20e section état major du gouvernement militaire de Paris, recherche sa famille dont Il n'a aucune nouvelle depuis trois mois et qui demeure à Folembray (Aisne). L'infirmier Demanet Camille, de la 11eme ambulance du 6° corps par Verdun, 3eme armée, demande nouvelles de sa femme et de ses enfants.

LE RAVITAILLEMENT

En vue d'atténuer, dans une certaine mesure, les privations supportées par la population civile des départements envahis qui, n'étant pas ravitaillée par les armées ennemies se voyait encore réquisitionner ou confisquer le peu qu'elle possédait, un comité Hispano-Américain entreprit les négociations utiles pour nous secourir. La section qui opéra dans le nord du département de l'Aisne avait pout titre "Commission for Relief in Belgium - Comité Français", c'est à dire "Comité français de la Commission de secours en Belgique" ou C. R. B.

Une vaste organisation s'établit ainsi avec les sous-comités, sections ou districts, en créant des centres du ravitaillement dans les principales villes ou dans des agglomérations groupant plusieurs villages. La commune de Folembray était rattachée a Coucy le Château où un délégué, M. Huguet, du Bois de Midi, allait s'approvisionner à dates fixes. Cette oeuvre a commencé à fonctionner en 1915. Elle a été admirable, car elle a permis aux populations de ne pas tout-à-fait mourir de faim. Chaque habitant avait deux cartes indiquant le nombre de rations à recevoir : 1° chez le boulanger ; 2° du centre de ravitaillement.

Les denrées expédiées arrivaient régulièrement, sauf au cours de l'année 1918 pendant laquelle les troupes allemandes, recevant peu de leur service d'intendance, oubliaient... de faire suivre nos wagons. Les denrées consistaient en riz, haricots, sucre, café vert, graisse, prafois du fromage de Hollande, et du lait concentré pour les enfants. Les rations n'étaient pas lourdes, mais elles aidaient à la patience.

Colonne allemande à la gare de Folembray pour le ravitaillement de leur soldats qui se battent sur le front à quelques kilomètres.

 

En principe, les municipalités faisaient rembourser le ravitaillement au fur et à mesure des distributions, exception faite pour les indigents et pour les personnes momentanément sans ressources. D'autres communes remirent à plus tard le dit remboursement. Quand vint la liquidation des comptes, ces dernières se trouvèrent aux prises avec de réelles difficultés, certains intéressées étant morts ou disparus. Toutefois, et à la suite d'une entente tacite entre la plupart des communes du département de l'Aisne, le reliquat des sommes dues fut porté au compte de l'Etat (Archives communales).

Folembray se trouva dans une situation particulière et peut-être unique. A leur arrivée dans la commune en septembre 1914, les allemands réquisitionnèrent les approvisionnements existants dans la verrerie et leur montant, évalué à plus de 200.000 francs, fut payé immédiatement en argent français à M. le Compte de Brigode. Avec ces ressources importantes, le Maire acquitta immédiatement et régulièrement la dette consécutive au ravitaillement de la commune. Celle-ci, à son tour, et aprés la réinstallation des services municipaux, remboursa le prêteur ( Renseignements au Comte de brigode).

Le 5 novembre 1916, les membres présents du Conseil Municipal se réunissaient pour délibérer au sujet des marchandises reçues de la " Commission for Relief  in Belgium" (R.C.B.) dont la valeur atteignait, fin décembre 1916, la somme de 210.339 francs et 29 centimes.

BONS DE MONNAIE

Pour se constituer des ressources et pour parer au manque de numéraire, l'Administration ennemie engagea des pourparlers avec les municipalités, les chambres  de commerce et les caisses privées en vue d'obtenir la garantie nécessaire à l'émission de bons de monnaie de valeurs différentes.

Les Allemands déclarérent à Folembray qu'une ristourne serait attribué à la commune, qui se voyait déjà dans l'obligation de payer les ouvriers réquisitionnés par eux. Naturellement, la municipalité ne reçut qu'une faible part de cette ristourne, l'ennemi ayant conservé la plus forte.

Le Conseil fut ainsi appelé à en délibérer et, le 13 février 1915, il autorisait une émission de papier-monnaie jusqu'à concurrence de cinquante mille francs. Le 4 juillet 1915, une émission d'une nouvelle somme de cinquante mille francs était également décidée.

Papiers-monnaies de la décision du Conseil au 4 juillet 1915 à Folembray

Papiers-monnaies de la décision du Conseil au 13 fevrier 1915 à Folembray

Au point de vue régional, la première émission fut de 12 millions de francs, et de bons de monnaie furent signés par MM. Descambres, maire de la ville de Chauny, et E. Coppeaux.

La seconde émission fut de 9 millions 950.000 francs et les bons de monnaie portent les signatures de MM. Ermant, sénateur, maire de la ville de Laon ; A. Dubois, président du Conseil d'administration de la Caisse d'Epargne de Laon ; Charles Lecointe, A. Letellier et Létoret.

Un bon de la première emission (recto et verso)

LA MISERE COMMENCE A FOLEMBRAY

Propagande allemande : les soldats de la Landsturm qui donne du pain aux enfants de Folembray

 

En cette année 1915, la misére commençait à se faire sentir, les réserves en provisions et en numéraire s'épuisaient, et l'ennemi toujours prêt à exercer le régime des réquisitions. Le lecteur se rendra compte de la situation bien difficile et parfois angoissante dans laquelle se trouvaient la plupart des habitants, en portant son attention sur le document suivant, extrait du registre des délibérations communales.

 

ALLOCATION AUX FEMMES DES HOMMES ACTUELLEMENT A L'ARMEE

Le 9 Avril 1915, à 2 heures du soir, le Conseil Municipal de la commune de Folembray s'est réuni sous la présidence de M. le Comte de Brigode, maire. Etaient présents, MM. Navarre, Morel, Dasse, Guillaume, Givry, Schmidt, Diehl, Lagant, Lacroix, Vaudin, Plonquet.Sur l'invitation de M. le Comte de Brigode, maire, le Conseil Municipal s'est réuni.M. le Maire expose à ses collègues la situation misérable de certaines femmes dont les maris sont à l'Armée et qui, par la suite de l'occupation allemande, se trouvent dans l'impossibilité de toucher l'indemnité qui leur a été allouée par la loi, soit 1 fr. 25 pour les femmes et 0 fr.50 centimes par enfant.

N'ayant aucun travail, ni aucun moyen de s'en procurer, elles ont vécu tant bien que mal jusqu'à ce jour de la charité publique, mais la misère devient générale ; la charité s'épuise et l'autorité municipale ne peut laisser ces malheureurses exposées à mourir de faim. L'indemnité que la loi leur a accordée ne peut leur être payée, mais elle n'en est pas moins due, et elle devra certainement leur être payée, après la guerre. Dans ces conditions, M. la Maire demande à ses collègues s'ils n'estiment pas que grâce aux bons communaux qui viennent d'être créés, la commune ne pourrait pas, sinon payer le total de cette indemnité, du moins leur avancer une partie, ce qui permettrait à ces familles de se procurer le pain qui leur est nécessaie. Après la guerre, ce compte d'avances serait remis au Percepteur et celui-ci retiendrait à chacune les avances faites au fur et à mesure des indemnités qu'il aura verser. M. le Maire ne se dissimule pas qu'en agissant comme il le propose, le Conseil prendra une initiative qui n'est pas légale, mais avec la situation exceptionnelle dans laquelle on se trouve, il y a lieu aussi de prendre des mesures exceptionnelles et il ne lui semble pas possible qu'une décision du Conseil en ce sens, ne soit pas approuvée ultérieurement.

Ainsi qu'il vient de le dire la loi, qui a été votée au moment de la guerre, accorde 1fr 25 par jour aux femmes et 0 fr. 50 centimes par tête d'enfant. M. le Maire propose d'avancer aux femmes 0 fr. 75 par jour et 0 fr. 30 par tête d'enfant, ce qui représenterait pour Folembray 165 francs par jour avec les naissances nouvelles. Il demande au Conseil municipal d'examiner cette proposition et de prendre une décision à ce sujet.

Le Conseil, après en avoir délibéré, adopte à l'unanimité des menbres présents la proposition de M. le Maire et décide que, pendant la durée de la guerre, il sera payé à chaque femme dont le mari est à l'armée, 0 fr. 75 par jour et 0 fr. 30 par enfant. Ces paiements seront faits à titre d'avance sur les indemnité qui leur est due par la loi, et le compte en serea rmis à M. le Percepteur afin qu'il puisse récupérer ces avances au profit de la commune, le jour où il aura à verser aux interessés les indemnités qui leur reviennent.

Fait et Délibéré les dits jour et an.

Et les menbres présents ont tous signé au registre.

Pour extrait conforme : Le Maire Comte de Brigode

DEBUTS DE L'OCCUPATION

 

Pendant l'occupation allemande, Folembray fut le Quartier Général du Général Von Kluck et du Général Von Fabeck. Beaucoup d'officiers s'installent dans le village.

Les officiers B.Siebel et O.Bruning en 1915, dans la cour d'une maison tout prés du cimetiére

Un officier allemand nommé  B.Siebel, réquisisionne  la maison sur la route de Chauny tout près de l'actuelle école Nelly Fortez. Photo de 1915

Pendant les fêtes de fin d'année 1915 dans une habitation à Folembray

Souffle du bombe aérienne dans le Parc du Château à Folembray, le 26 septembre 1916

En janvier 1916

 

Pendant l'occupation, on utilise le site de la verrerie comme garage mais aussi comme lieu pour réparer les canons et l'armement. On y installe également une imprimerie pour les cartes d'état major. (Livre : le gobannais en guerre 1914-1929, Fabienne Bliaux). Pendant cette guerre, la verrerie était sur la ligne de feu pendant quatre ans et elle a etait  complètement rasée.

 

 

Fréquemment, Folembray dût à sa position proche du front des armées d'être bombardé par les avions. La nuit du 30 au 31 janvier 1917 fut particulièrement mouvementée. Les allemands avaient d'ailleurs établi aux Hautes-Avesnes un poste d'observation avec mitrailleuses contre les appareils aériens.

Les  soldats allemands avec le mortier de 21 cm dans la forêt de Folembray

 

Pendant leur séjour, nos ennemis utilisérent les installations et l'outillage de la verrerie pour la réparation des canons et du matériel de guerre en général. Ils y ajoutèrent une imprimerie pour le tirage des cartes d'Etat-Major.

Un sous directeur de la verrerie tenta de faire connaître cette situation au service français de renseignement. Réussit-il ? Il est permis de le penser, car 15 jours après l'établissement était bombardé. A ce moment, le domestisque du Comte de Brigode, M. Charles Ménard, fut atteint à la cuisse par un éclat de projectile. Evacué sur l'Hôtel Dieu de Laon, le blessé eut la satisfaction d'y recevoir la visite d'un compatriote, M. l'Abbé Guilbert, alors vicaire à la cathédrale.

Un jour les allemands, qui fouillaient partout, trouvèrent une cachette renfermant des effets militaires français et des armes en mauvais état. Emotion, enquête, interrogatoires. D'ou provenait ce dépot ? Tout le monde l'ignorait...naturellement. Cependant la chose était simple. Lors de la retraite de Charleroi, 7 soldats d'infanterie, originaires de Normandie, échouèrent à la Verrerie après bien des vicissitudes et des angoisses. Des effets civils furent donnés afin de leur permettre d'attendre en sécurité. Ils restèrent dans le village ou dans les bois pendant 8 à 10 jours et tentèrent, sans doute avec succés, de franchir les lignes.

Copie d'un avis au public pour la population de Folembray

 

CONSTRUCTION DE LA LIGNE HINDENBOURG PENDANT L'HIVER 1916/1917

Bâtie pendant l'hiver 1916/1917, la ligne Hindenburg, du nom du général Paul von Hindenburg qui en décida la construction, s'étend sur 160 km de Lens (62) au plateau du chemin des dames dans l'Aisne. Cette ligne de fortification passe par sur les hauteurs de la commune de Barisis aux Bois, sur la commune de Septvaux, Fresnes jusqu'au chemin des Dames.

plan de 1917


Après l'épreuve de la bataille de la Somme, les troupes allemandes sont éreintées et largement décimées. Il s'agit pour l'Etat Major allemand de trouver une solution pour permettre à ses soldats de reprendre leur souffle avant l'offensive suivante. Et pour reprendre des forces, il leur faut se replier. Mais où ?

C'est alors qu'est prise la décision de construire une ligne de fortification derrière laquelle les troupes allemandes pourront se mettre à l'abri. Ce recul permet en outre de raccourcir la ligne de front et de récupérer des divisions qui seront mises en réserve.

Le repli des soldats allemands débute en février 1917. Un repli qui s'accompagne de destructions programmées et systématiques de tout ce qui se trouve entre le front et la ligne Hindenburg : les bâtiments, les monuments historiques et même les arbres sont minutieusement rayés de la carte. Noyon (60), Ham (80), Péronne (80) et les villages alentours sont détruits.

Du 15 au 19 mars a lieu l’« opération Alberich » : le front est réduit de près de 70km et l’armée allemande en profite pour s’installer derrière des positions renforcées qu’elle juge infranchissables. Le département de la Somme est évacué, la ligne de front se décale dans l’Aisne. Le retrait allemand s’effectue en plusieurs étapes :

Les habitants sont contraints à l’exil, les Allemands procèdent aux premières déportations de l'histoire du 20ème siècle : les populations civiles de la zone sont déplacées, notamment vers les Ardennes.

 Ensuite les soldats pratiquent la politique de la « terre brûlée », en détruisant massivement des zones abandonnées (routes défoncées, ponts coupés, puits rebouchés, maisons dynamitées…). L’arasement de Chauny débute le 5 mars et il est suivi de celui de tous les villages alentours. Le château de Coucy est dynamité le 20 mars.  

 

EVACUATION DE FOLEMBRAY PAR LES ALLEMANDS A PARTIR DU 13 FEVRIER 1917

Parmi toutes les épreuves que durent subir les populations des régions envahies, l'une des plus pénibles et des plus douloureuses fut, sans conteste, celle de l'évacuation, avec son cortége de miséres physiques et de souffrances morales. En ce qui concerne Folembray, la population valide du 15 à 60 ans est dirigée sur la région d'Hirson et en Belgique. Le premier convoi, de 500 personnes environ, est envoyé à Aubenton (Aisne). Les interessés sont prévenus le 12 Février 1917 pour partir le  lendemain 13. Le rassemblement à lieu dans l'église où tous, abandonnant leurs biens biens et leurs souvenirs, viennent tristement répondre à l'appel. Ils emportent un petit ballot de linge et quelques provisions.

Le deuxiéme convoi, comprenant 38 personnes spécialisées dans les questions de ravitaillement, est dirigé sur le département des Ardennes, le 17 février 1917, avec défense d'emporter des pommes de terre. Ces évaués vont à pied à Coucy le Château et, de là, en voiture à Chauny où ils prennent le train. Trois personnes meurent en route de froid et de privations.

Le troisième et dernier convoi, comprenant environ 800 habitants doit se rendre, le 28 février 1917, à Baboeuf (oise). Comme précédemment, ces malheureux sont dans l'obligation d'aller, la veille, coucher dans l'eglise ouverte à tous vents, et l'appel se fait à minuit.

L'exode a lieu à pied par Pierremande, Autreville, Bichancourt, Marizelle, Manicamp, Appilly. Il pleut, les routes sont défoncées. Les impotents et le vieillards étaient partis la veille en voiture. Défense était faite d'emporter plus de 50 kilos de bagages. Les intéressés avaient à peine quitté leurs demeures que le pillage, les explosions et l'incendie commençaient. Sur leur passage les villages brûlaient ! A leur arrivée à destination, harassés et mouillés, ces évacués ne trouvérent que des logements précaires, ou furent comprimés chez l'habitant. Les soins faisaient défaut et le ravitaillement manquait. Ils restèrent ainsi... attendant le retour des troupes françaises. Cet horrible cauchemar dura 10 à 12 jours, pendant lesquels beaucoup succombèrent.

Après le départ de Folembray de ce troisième convoi, le Comte de Brigode, en tant que maire de la commune, et M. Plonquet, son secrétaire particulier, furent envoyés à Foumies (Nord). Par contre, les jeunes gens de 16 à 20 ans sont gardés par les allemands pour scier les arbres fruitiers.

AVANCE DES TROUPES FRANCAISES

 

Bien que les massifs boisés de Coucy et de Saint-Gobain qui se trouvent entre l'Oise et l'Ailette,constituent pour l'ennemi une solide défense naturelle, c'est dans ce secteur que nos progrès ont été les plus caractérisés.Depuis le 22 mars 1917 des élèments de plus en plus nombreux de nos diverses armées ont franchi l'Ailette. Le 24 mars, les arrières-gardes allemandes sont rejetées dans la basse forêt de Coucy où nous pénètrons nous-mêmes le lendemain, atteignant les abors de Folembray et de Coucy le Château.

Le 26 mars, en dépit du mauvais temps et la résistance ennemie, nos patrouilles s'avancent dans la basse-forêt, dont toute la partie nord tombe en notre pouvoir ainsi que Folembray et la Feuillée-sous-Coucy.

Ci dessus les deux photos sont ( présumé capitaine Husson de la 7ème compagnie) du 42ème Bataillon de chasseurs à pied (BCP B.C.P. ) caserné à Troyes en 1914.Prise lors de la retraite allemande Folembray mars 1917. Sur la photo de droite , 2 soldats français prés d'une épave ou cadavres ...

Coucy le Château est repris le 27 mars 1917 par le 33éme corps français, ainsi que Verneuil et Barisis. Le nom de la rivière " Ailette" revient souvent dans les communiqués de la fin du mois de mars. Le passage de ce cours d'eau, du canal de l'Aisne à l'Oise et des partie adjancentes inondées, fut une épreuve très pénible, supportée avec vaillance par ces soldats vivant et luttant dans l'eau glacée pendant plusieurs jours.

1er avril 1917 : Des escarmouches ont lieu aux avant postes vers Folembray et Coucy.

11 avril 1917 : la ligne de feu faisait une ligne droite de Servais à Jumencourt

Folembray reconquit en 1917 , place de la Mairie et route de Coucy

Folembray reconquit en 1917, sur la route nationale

26 septembre 1917. Le roi d'Italie, Victor Emmanuel III et M. Poincaré, revenant de Verdun, continuent leur voyage par la Champagne, Reims, le front de l'Aisne et de l'Oise. Le souverain entreprit une vaste randonnée en automobile, et visita les ruines de Coucy, Folembray, Chauny, Jussy, Ham et Noyon. Les maisons en ruines, les campagnes dévastées parlèrent à son coeur autant qu'à ses yeux (journal l'illustration, 2 août 1917).

Soldat du 42ème Bataillon de chasseurs à pied (BCP B.C.P. ) lors de la reprise de Folembray en mars 1917

 

OFFENSIVE ALLEMANDE DE MARS 1918 A JUILLET 1918

 

Les positions françaises le 6 avril 1918 au matin dans le secteur avant l'offensive allemandes

 

 

Le 6 avril 1918 : après un violent bombardement entre Bichancourt et le Crotoir (près de Barisis aux Bois) les allemands s'acharnent contre la partie du front français (la 161éme Division d'infanterie).  Amigny-Rouy, Sinceny sont repris. Au soir, le 14e CC et la 13e Cie du 363e se sont retirés vers Manicamp en faisant sauter les ponts du canal, puis Bichancourt tombe.

situation des forces dans le secteur

 

Le 8 avril 1918, Folembray, et Coucy le Château tombent à nouveau au pouvoir de l'ennemi qui arrive juqu'à l'ailette. La 151éme division française subit de grosses pertes en défendant Coucy. La 161e et à sa droite la 151e DI se replient sur la position préparée au sud de l'Ailette et de canal avec pour mission d'empécher l'ennemi de passer l'Ailette ou l'Oise. La progression allemande y est arrêtée.

Après l'arrivée de la 48e DI et la relève de la 161e DI, le 10 avril 1918 au 30e CA rattache le même jour à la VIe Armée, le front tenu sur l'Oise par la 55e DI et sur l'Ailette par les 19e DI, 48e DI et la 151e DI entre l'Oise et le pont de la Vallée:

- 55e DI sur l'Oise jusqu'au pont du canal avec le 246e RI de Paul Tuffrau* à Manicamp et en arrière le 204e à Quierzy, 289e à Brétigny.

-19e DI entre le Bac d'Arblincourt et la Tinette devant Besmé, la rue de Noyon, St Paul aux Bois avec le 71e RI à gauche, le 48e RI au centre et le 70e RI à droite.

-48e DI de la Tinette au pont de la Vallée (entre Pont St Mard et Crécy au Mont), 412e RI, 78e RIT, 1er RMZ, 9e RMT, 2e RMZT devant Trosly, Guny, Pont St Mard, P.C.D.I. à Selens, Pont de la Vallée tenu par la 151e DI. La 48e DI est relevée à partir du 6 mai par la 2e DCP(5e, 8e, 12e Cuir).

La 55e DI passe au 30e CA le 5 mai.

*L'homme de lettres Paul Tuffrau raconte ces combats dans le Carnet d'un combattant.

Vue aérienne du 3 mai 1918. On peut voir les verreries en haut à gauche ,une partie de Folembray en bas ,  la forêt des Hautes Avesnes et du Coupet.

 

 

 

OFFENSIVE FRANCAISE A PARTIR DU 18 JUILLET 1918

La poussée vers la ligne Hindenburg  du 30 août 1918 au 25 septembre 1918

 

Détails des opérations de la 48éme division du 23 août au 31 août 1918 dans le secteur (fichier PDF)

 

Le 23 août 1918. Le général Mangin borde l'Ailette de Noyon à Coucy.

Le 30 août 1918. L'armée Humbert franchit l'Ailette. Le village de Champs est atteint. Le 31 août 1918, le Bois de Midi et le Bois des Vaches est atteint.

Le 4 septembre 1918. Le général Mangin franchit également cette rivière à Manicamp, et s'avance au Sud de Jumencourt.

Le 5 septembre 1918. Au cours de très durs combats le général Mangin, avec les régiments de la 41° division (23e, 42e et 128e), de la 69éme division (151e,162e,129e) et de la 5éme division (5e,74e,224e), chasse l'ennemi de Folembray et de la basse forêt de Coucy.

Coucy la Ville et Coucy le Château sont délivrés par la 32e division. Une plaque commémorative, placée à l'entrée de la cité, (porte de Chauny) rappelle ce fait d'armes : "Coucy le Château. Délivré le 5 septembre 1918 par le 16e Corps d'armée, 32e division, général Daydrein."
 
A 100 mètres de la gare de Coucy, dans le massif boisé de la pointe du Montoire, se trouvent les constructions en ciment armé et la plate forme du canon à longue portée, de 380 m/m, qui bombardait Compiègne. Ces vestiges de guerre sont classés.
 

Un gros canon est installé à Coucy le SKL/45 "lange max". Cette énorme pièce de marine destinée aux cuirassés allemands était amenée sur voie ferrée. Les tirs ont commencé le 14 juin 1915 : 80 à 90 coups alors que la durée de vie moyenne d'un tube est environ 300 coups. Il a été évacué fin novembre 1915 pour rejoindre Zilliheim en Alsace.

Détails : Plate forme sur béton pour canon de 38cm

Longueur de la bouche à  feu = 17.1 m

Affût : Le pointage vertical peut aller juqu'à 45°. Ce type de canon a été à l'origine en 1918 du "Pariser Kanonen" (celui-ci pouvait pointer à plus de 50° pour atteindre sa cible à plus de 120 km)

Le pointage horizontal avait un ballant de 144° si bien qu'il pouvait atteindre en tirant à 38 km des cibles très éloignées les unes des autres alors que le canon de Paris lui, était dirigé vers Paris. C'est ce qui explique cette plate forme circulaire très sophistiquée que nous voyons ici.

Portée maximale = 38Km 700 , masse du tube = 78 tonnes, masse de la pièce = 220 tonnes, poids de l'obus = 743 kg ( 62 kg d'explosifs). Unité servant la pièce : "Marine sonder commando, Kapitân-lieutenant Fallkenried"

Objectifs atteints : Gare de Compiégne (36Km), gare de Villers Cotterêts (34Km), Château d'Offémont (24Km), sucrerie de Berneuil (25Km), gare de Fismes (37Km)

 
Le 6 septembre 1918. La forêt basse de Coucy est entièrement occupée par nos troupes. Des dépôts considérables de munitions y sont trouvés.
Le 13 octobre 1918. Les troupes du général Mangin entrent à Laon qui était sous la domination des allemands depuis le 2 septembre 1914.
 
L'ARMISTICE
 
 
Au petit matin du 11 novembre 1918, après plus de quatre ans de conflit, l'armistice 1918 est signé dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, entre l'Allemagne et les Alliés (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis), en faveur de ces derniers. S'il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre du terme, le cessez-le-feu effectif à 11 heures du matin en France et en Belgique laisse espérer une solution à un conflit inédit en matière de pertes humaines (15 à 20 millions d'individus morts, invalides et mutilés, parmi lesquels 8 millions de civils).

Liste des soldats de Folembray morts pendant la guerre 14-18(fichier PDF)


 
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