Le Château du Parc

 

Extrait du cadastre de 1820 des archives départementales

Sur ce cadastre de 1820 , le Parc est en jaune. Le château du baron de Poilly n'existe pas encore. A l'époque, la chaussée Brunehaut passait au milieu du Parc. Lors de la construction du château du Baron de Poilly en 1859, la chaussée Brunehaut à était détourné du Parc (en rouge sur le plan). Cette chaussée s'appelle maintenant la rue Ambroise Croizat , elle part du calvaire en direction de Guny.

Des fouilles faites en 1859 en plusieurs endroits dans le parc , firent découvrir un assez grand nombre de squelettes trés bien conservés ; on a trouvé aussi des carreaux en terre cuite, dont quelques uns avaient servi de pierres de foyers, des tessons d'hamphores, des tuiles à rebords, quelques haches et de nombreuses médailles de Galba, de Maximien, de Probus et de Tétricus.Ces vestiges sont autant de preuves qu'une villa romaine fut construite prés de la Chaussée Romaine à Folembray. (voir abbé vernier chapitre 1 page 16).

 

Le château construit dans le parc en 1859 par le baron Henry Charles de poilly. Il fait redessiner le parc du Château de François 1er par le Comte de Choulot, avant d'y élever le Château dit "du parc", avec une orangerie, un petit théatre, le pavillon du garde sur l'ancien jeu de battoir, la maison du jardinier au sud du Parc , un pavillon pour le régisseur et d'important écuries pour son équipage de chasse.

Le Théatre du Château dans le Parc construit vers 1859. De Nos jours , il n'existe plus.

Le château était en brique de calcaire et en pierre de terre cuite, la brique occupe l'espace entre les fenêtres. La couverture était en ardoise. Le château montrait un corps de logis de six fenêtres, plaqué entre deux pavillons de deux feêtres non en alignement par rapport à la façade. Le pavillon droit s'était vu accoler d'une tour à toiture en poivrière. Les toits étaient indépendants et mansardés.

Anne,  Marie, Agathe, Eléonore, Élisabeth du Hallay-Coetquen épousa en premières noces Louis, Marie, Henri, Pierre, Désiré, Comte de Brigode , ancien pair de France et donne naissance à 3 enfants : Gaston, Henri et Emilie de Brigode. Anne,  Marie, Agathe, Eléonore, Élisabeth du Hallay-Coetquen épousa en secondes noces, en 1860, Henry, Charles, Georges, Baron de Poilly, décédé à Folembray le 20 Septembre 1862.

Anne,  Marie, Agathe, Eléonore, Élisabeth du Hallay-Coetquen devient Madame la Baronne de Poilly, dont le nom était fréquemment cité dans le compte-rendu des fêtes données à la cour sous le second Empire, résidait habituellement à Folembray. Sa charité était grande. Les oeuvres de bienfaisance qu'elle a fondées en vue de secourir l'enfance et la vieillesse en sont le plus beau témoignage : asile de Poilly, le dispensaire, ouvroir ...

 Le 6 octobre 1905, la population apprenait avec émotion le décès, en son château de Folembray, de Madame la Baronne de Poilly, née à Versailles le 3 Août 1831.

Gaston de Brigode, fils de  Louis, Marie, Henri, Pierre, Désiré, Comte de Brigode et de Anne,  Marie, Agathe, Eléonore, Élisabeth du Hallay-Coetquen hérite du Château et de son parc.

Le Comte Gaston de Brigode, né à Paris en 1850, se marie à Londres en 1871 à Corisande de Gramont. La vie bat son plein à Folembray juqu'en 1914, ponctué par ces grands rendez vous de chasse qu'il affectionnait tant.

Le châteaux de Folembray pendant l'occupation 14-18

Le château est réquisitionnée pour loger les officiers allemands. Il devient la demeure du général Von Kluck, commandant de la 1er armée pendant 1 an et fut remplacée par 8éme armée.

Le comte de Brigode est relégué dans deux pièces afin que le général  puisse bénéficier du château entier.La cohabitation est lourde et pesante.

Le château en mars 1917, détruit par les allemands en 1917.

Si les allemands, en 1917 ont tout détruit. Le souvenir du grand cœur qui avait créé ces oeuvres ne peut être oublié, et les habitants de Folembray honoreront longtemps encore la mémoire de Madame la Baronne de Poilly. Elle laisse deux fils et une fille :

- M. Gaston, Georges, Marie, Emmanuel, Comte de Brigode, né à Paris le 1er Juin 1850, maire de la commune de Folembray pendant plus de 47 ans et conseiller municipal : nouveau propriétaire des lieux.
- M. Henri, Vicomte de Brigode, puis marquis du Hallay-Coetquen à la mort de son oncle.
- Emilie de Brigode, né en 1856 et décédé en 1876 à l'age de 20 ans.

 Le nom si honoré des de Poilly a brillait pendant près d'un siècle à Folembray. Les deux familles de Poilly et de Brigode qui ont largement développé l'industrie du verre et par cela même assuré à notre beau village une juste renommée.

Le château  après 1918.

 

Après la 1er guerre, le Comte Gaston de Brigode, maire de Folembray, s'attache tout d'abord à la reconstruction du village. Ce n'est que plus tard qu'il s'attelle à rebâtir sa demeure. Pour surveiller les travaux de reconstruction, il loge dans le pavillon du régisseur, inclus dans la cour des écuries et qu'il a pu restaurer rapidement, ce dernier n'ayant pas trop souffert de la guerre.

 Monsieur de Brigode décède le 11 avril 1937 dans le pavillon des écuries, laissant derrière lui la reconstruction inachevée de son château, œuvre dans laquelle il avait mis tout son cœur, chose d’autant plus admirable qu’il n’avait pas de descendance directe.

 

A la mort du Comte Gaston de Brigode en 1937 et de épouse en 1935, le mobilier fut vendu sur place à la ventes aux enchères et le château fut racheté par la famille du marquis de Noailles.

  C’est en novembre 1937 qu’Antoine Velge acquiert la propriété de Folembray en vente publique et accepte avec grande joie le Rallye Nomade dans ses murs. Le château n'avait  ni portes et ni fenêtres. Les travaux d’achèvement sont repris et terminés 18 mois plus tard. Le Général Billote, Commandant en chef des Armées du Nord, de fait virtuellement premier occupant du château enfin achevé, s’y installe avec son Etat-major tout début 1940, il y reçoit le général Georges et Lord Gort, commandant des forces anglaises. Le Général Billote meurt le 23 mai 1940, dans un terrible accident d’automobile, en revenant de la Conférence d’Ypres, où il avait rencontré le Roi des Belges et le Général Weygand.

Peu après, le château est occupé par les allemands qui y resteront 4 ans. En 1993, le château devient la propriété de Frédéric Velge, fils d'Antoine Velge. La demeure est toujours propriété de la famille.

 

Le bâtiment est reconstruit à partir des années 1920 sur l'emplacement du précédent château détruit en 1917.

Il s'agit d'une imposante bâtisse à la structure complexe, surplombant le parc et son étang. Construit en pierre sur un léger soubassement, il présente sur la cour d'honneur un corps de logis central de 5 travées dont la médiane concentre tous les détails architecturaux. Au rez-de-chaussée, la porte d'entrée est encadrée par une succession de pilastres à refends, tandis que la fenêtre de l'étage est encadrée par deux pilastres plats. L'imposant fronton courbe est percé d'un oeil-de-boeuf encadré de motifs floraux. La haute toiture d'ardoises est en croupes avec noues, et donne à cet ensemble un aspect XVIIe siècle.

De chaque côté, le corps de logis est prolongé par deux ailes de même hauteur, de deux travées, aux toitures plus basses. L'aile de droite est complétée par une tourelle et en bout par un pavillon de même facture mais à la toiture indépendante. Une forte corniche permet aux fenêtres du deuxième étage d'y rendre pied. Les ouvertures sont à ce niveau cintrées alors que le logis central alterne frontons triangulaires et semi-circulaires.


La façade arrière sur le parc paraît encore plus impressionnante du fait de la déclivité du terrain allant jusqu'à l'étang. Le décor est quasiment absent de ce côté. A gauche, vient s'appliquer le haut pavillon contenant la chapelle.

 

 

L'intérieur du château renferme trois éléments architecturaux remarquables provenant d'autres maisons et remontés dans le château par le Comte de Brigode avant son décès et l'arrêt provisoire des travaux.

Il s'agit du grand escalier d'honneur situé à la droite du hall d'entrée. Provenant sans doute d'un hôtel particulier parisien, il monte jusqu'au deuxième étage et présente une superbe rampe Louis XIV en fer forgé. Le second élément est le grand hall d'entrée de forme circulaire qui montre un décor très riche : quatre portes, quatre niches à coquilles et huit paires de pilastres cannelés terminés par des chapiteaux corinthiens alternent et supportent une imposante corniche à modillons.

Le dernier élément est une chapelle provenant vraisemblablement du château de Courcelles-au-Maine, près de la Flèche, et qui avait été déposée avant sa démolition en 1925. L'élément le plus riche est sa voûte, datée de 1645, et attribuée à Jacques Nadreau qui réalisa la tribune d'orgue de prytanée de la Flèche.


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