L'église Saint Pierre

Au mois d'Août 1368, après les évènements qui l'avaient retenu en Angleterre, Enguerrand VII octroya aux 22 villes et villages qui relevaient de son domaine une chartre collective d'affranchissement (pour les franchises de morte main et de formariage), contre une redevance annuelle et perpétuelle, qui s'élevait pour la ville de Folembray à XI livres. Quelques années après, c'est la construction de l'Eglise. Elle remplaçait la vieille chapelle construites sous les mérovingiens, au même emplacement selon l'Abbé Vernier. Elevée sous le vocable de Saint Pierre avec deux chapelles, à gauche dédiée à la Sainte Vierge et à droite à Sainte Anne.

Deux lions de pierre, rappelant sans doute les Sires de Coucy, seigneurs de Folembray se tenaient accroupis contre le portail.

Pendant la révolution, un groupe venant de Chauny, commandé par M. Canet, aidé par des habitants, procède à un pillage violent à l'intérieur de l'église. Il se termine par l'élévation d'un bûcher sur la place du village, sur lequel on entasse les croix, les reliquaires, les statues, les boiseries des autels, le lutrin, les ornements sacerdotaux, le linge de la sacristie. L'église est fermée au culte et doit être transformée en usine de salpêtre. Lors de sa réouverture au culte, rien ne s'était passé à l'intérieur.

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Plan de 1820

 

Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1818, un des piliers s'écroule entraînant une partie de la voute et de la toiture. Sans travaux conséquent, le 18 janvier 1820, les sept autres colonnes s'écroulent à leur tour. Il ne reste que les murs de clôture, la voute en cul de lampe au dessus du maître autel et la tour du clocher  reconstruite en 1772. (voir Abbé Vernier chap. 12). Par économie lors de sa reconstruction, son emprise au sol fut diminuée.

Comme on peut le voir sur les plans, l'église à subi plus précisément des transformations : colonne de la nef, modification du transept...

A cette époque le transept et la nef centrale de l'église était beaucoup plus petite.

Le chœur de l'église comprenait au fond une arrière salle. Par contre le clocher carré avec sa colonne de marche et la nef centrale à existait jusqu'en 1917, lors de la démolition par les Allemands.

 

 

Extrait du cadastre de 1820 des archives départementales

 

Antérieurement à l'année 1844, le cimetière entourait l'Église et se prolongeait sur la partie élevée ou se trouvaient, autrefois, les constructions formant le château d'Enguerrand III, de François 1er et de Henri IV. 

La rue du château, pour lui rendre son véritable nom, partait comme aujourd'hui de la route de Chauny, à l'angle de l'ancien Hôtel de la Hure, et aboutissait en impasse au mur du cimetière. Maintenant, cette impasse est devenue "rue de l'Eglise"pou rejoindre la rue Henry Leguay.

 

 

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L'église vers 1900

L'église vers 1900

 

L'intérieur de l'Eglise avant la grande guerre

En 1872, l'agrandissement de l'église avait été décidé sur la proposition du maire, M. Labarde.(voir chapitre 13 de l'Abbé Vernier)

Ces travaux furent terminés en 1876. Les dimensions du nouvel édifice devinrent ce qu'elles étaient en 1824, époque à laquelle elles avaient été réduites. On profita des travaux en cours pour placer, dans le mur latéral extérieur, face à la rue des Vaches, deux pierres tombales anciennes dont les sujets, en relief, étaient bien conservés. Mais le clocher carré de 1772 restait sans flèche et sans coq. A partir de 1876, l'Abbé Landais apporta d'importants changements dans l'église. L'église est dotée d'une chaire sculptée, de vitraux d'art et de bancs confortables. M. le Comte de Brigode, participa personnellement à la dépense.

C'est en 1884 qu'un négociant de la commune, M Eugène Bruyer, à la suite d'un vœu formulé en faveur de son fils Paul, au sujet du service militaire, dota ce clocher d'une tige de fer surmontée d'un coq doré. Bien que le vœu ne se fut pas entièrement réalisé, l'emblème de la vigilance subsista jusqu'en 1917, époque de la démolition de l'église par les Allemands.

 

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L'église au début de la 1er guerre.

En 1920, une église provisoire occupait la pointe du terrain de la place verte.

En octobre 1929, le déblaiement des décombres de l'église détruite était achevé, et les travaux de reconstruction commençaient. Le nouvel édifice est bâti sur l'emplacement de l'ancien, et le grand portail se substitue à celui  qui soutenait le clocher carré de 1772.

La tombe de l'ancien curé Dom Bernard, dont parle l'Abbé Vernier (page 105), parait avoir échappé aux fouilles des soldats ennemis. Elle serait donc restée intacte. Par contre l'emplacement des sépultures, sous l'autel et sur les bas cotés, ne sont plus que des trous béants.

Il nous a paru intéressant de faire les démarches utiles pour voir restituer au nouveau sanctuaire les deux pierres tombales sculptées, placées autrefois dans le mur extérieurs. Ces vestiges historiques, que nous avons retrouvés et signalés, doivent   être posés au bas et contre un mur intérieur ( Les figures en relief ont étaient mutilées à coups de pioche en juillet 1930).

 

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Une photo ( présumé capitaine Husson de la 7ème compagnie) du 42ème Bataillon de chasseurs à pied (BCP B.C.P. ) caserné à Troyes en 1914. Cette photo date de mars 1917 lors du 1er retrait du front allemand.

 L'église en ruine vers 1917

 

Sculpture retrouvée dans les ruines en septembre 1919.

L'église en 1990

L'architecture est une variante du style roman, les ouvertures des murs latéraux étant hautes et larges.

L'église comprend une grande nef, deux basses nefs, un transept dont la croisée forme le chœur, un sanctuaire pentagonal, deux chapelles latérales dans le prolongement respectif des basses nefs, un grand portail, un petit portail latéral au fond du  bras droit du transept, un clocher carré terminé en toit de pigeonnier sur la croisée du transept, une sacristie adjacente à la chapelle latérale gauche, une tribune au grand portail.

L'appareil de construction est, en général, de pierres calcaires provenant de la carrière locale du "Coupet", appartenant à  l'État et exploitée par les Verreries. Toutefois, pour les pignons des façades et les parties moulurées, on utilise les belles  pierres dures de haute fontaine de la région de Vassens et, pour les appuis et les rampants, la pierre de la Savonnière (même région). Ces deux dernières qualités de matériaux représentent environ 300 mètres cubes.

Le Comte de Brigode donne le maître-autel en pierre, création du sculpteur Croix-marie. Le carrelage est en grès de couleur.

L'église en 1999

Deux organismes participent à la reconstruction de l'Église. En premier lieu, la société coopérative des Églises dévastées et, ensuite, la société coopérative locale de reconstruction. La premières liquide les dépenses engagées, et la seconde est,  chargée de la reconstruction de l'édifice, par les soins et sous la direction de son architecte, M. Perron, aidé par son adjoint, M. Blanfos.

Les dimensions de la nouvelle église sont :

A l'intérieur : longueur : 35 mètres   largeur : 15,5 mètres et au transept 26 mètres

Hauteur totale au dessus du sol : 33 mètres, Église : 23 mètres, Clocher : 10 mètres, plus la hauteur de la Croix.

 

En 1984, Mr le Maire Hiverlet décide de faire réparer les cloches de l'église.

 

Les vitraux pour lesquels aucun crédit n'était prévu sont souscrits par diverses familles et seront l'œuvre du maître verrier Raphaël Lardeur :


A gauche, trois verriers dont l'un d'entre eux remercie le Christ du Sacré-Coeur, en lui tendant  le fruit du travail  avec un isolateur “le bébé”. Au pied du verrier, il y a une Thévenotte, une bouteille à bière et le Sibor,
A droite, une famille de verriers dont la mère remercie le Christ du Sacré-Coeur en lui tendant le fruit des entrailles "le bébé". Le Christ du Sacré-Coeur repose sur le blason du village.
 

A voir aussi :

L'histoire des cloches de l'église de Folembray

Les curés de la paroisse de Folembray

 

 

 

 

  • Vers 1960
  • L'église avant guerre
  • En 1918, l'église en ruine
  • En 1917, l'église est reprise par les français
  • pendant la grande guerre
  • En 1917
  • La façade de l'église au debut 1900
  • vers 1960
  • Avant la grande guerre
 

 

 

 

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